
Les champignonnières de Chancelade, "Champidor", est l’une des dernières champignonnières encore en activité qui a fait le choix de rester en cave. En effet, la production est réalisée dans l'une des anciennes carrières de Chancelade dont la pierre est exploitée depuis le début du XIIe siècle.
Le calcaire de Chancelade est un calcaire tendre qui durcit à l’air, et n’est pas gélif une fois débarrassée de son eau de carrière. De meilleur qualité que la pierre de Périgueux (plus tendre et plus gélive), elle servira à recouvrir les coupoles de la cathédrale Saint Front de Périgueux, dessinées par l’architecte Abadie (futur architecte de la basilique du Sacré-Cœur à Paris).
De nos jour la pierre de Chancelade n’est plus utilisée que par des artistes dont Giovannie Carosi qui en 1999 réalisa ‘’Aqua di pietra’’ visible à l’entrée de Chancelade.

C'est en 1847 que commence l'exploitation de la carrière où se trouve aujourd'hui l'entreprise. Son activité se développera avec l’arrivé du chemin de fer, qui permettra d'exporter la pierre de Chancelade dans tout le sud-ouest (ouvrage ferroviaires, pilastres du Pont de Pierre de Bordeaux, gare Valence d’Agen et Saint-Martin à Périgueux, ponts viaducs).
Deux concurrents exploiterons ce nouveau gisement. Barthélemy Imbert venu à Chancelade en 1861 pour la construction de la gare des carrières, et Jean Chaigneau, un ancien conducteur des ponts et chaussées.
En une quarantaine d'année, il sera extrait un peu plus de 200 000 mètres cubes de pierres sur les 6 hectares de surface.
En complément de la pierre, Barthélemy Imbert s’associera en 1870 avec un champignonniste parisien, chassé de la capitale par les travaux Haussmannien.
C'est ainsi que, plus de 8 kilomètres de couches seront cultivées, réparties dans 21 caves.
En 1885, surviendra l’effondrement des galeries qui mettra un terme à l’exploitation de la pierre quelques années plus tard. Seule la champignonnière poursuivra son activité dans les galeries nouvellement crées, avec de courtes interruptions (Guerre de 14-18 et récession de 1930).
L'entreprise restera familiale jusqu'à la création de la SARL Champidor en 1983. Date à laquelle, faute de descendant, Mr Marquet s'associera avec Mr Chardon.
En 1999 Mr Lemasson remplacera Mr Chardon et assurera la transition de l'entreprise vers une production biologique certifiée.